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La dépendance à la cigarette électronique serait plus faible que la dépendance au tabac

Une récente étude s'est intéressée au rôle de la nicotine dans l'usage de la cigarette électronique en tant que substitut complet.

Une récente étude s’est intéressée au rôle de la nicotine dans l’usage de la cigarette électronique en tant que substitut complet.

Le désormais célèbre Konstantinos Farsalinos, docteur en cardiologie grec ayant déjà réalisé de nombreuses études sur la cigarette électronique, vient de publier avec son équipe une étude sur le rôle de la nicotine dans le cadre d’un arrêt complet du tabac et sur la nouvelle dépendance ressentie pour le produit.

Ses conclusions mettent en avant l’importance de la nicotine dans les premiers moments de transition et minimisent le caractère addictif de la cigarette électronique face à la cigarette de tabac.

L’étude se positionne clairement dans un contexte politique européen afin d’apporter des arguments contre la réduction des taux de nicotine dans les e-liquides commercialisés sur le marché comme initialement prévu dans la nouvelle Directive.

Voici une traduction du résumé de l’étude. Les références complètes se situent en bas de l’article. J’ai volontairement extrait de la discussion les éléments qui concernaient la comparaison de dépendance (tabac / cigarette électronique) car c’est un sujet qui m’intéresse particulièrement.

Contexte

Les cigarettes électroniques sont des produits de substitution pour les consommateurs de cigarettes de tabac qui peuvent délivrer de la nicotine. Des consommateurs (communément appelés vapers ou vapoteurs) les utilisent afin de réduire leur consommation de tabac ou pour complètement les substituer aux cigarettes. La Commission européenne a publié une proposition pour une nouvelle Directive sur les produits du tabac qui pourrait réduire la disponibilité des produits contenant de la nicotine (PCN), dont font partie les cigarettes électroniques.

Dans cette étude, des entretiens personnels ont été effectué avec des individus qui ont complètement substitué la cigarette de tabac avec la cigarette électronique. L’étude s’est portée sur les niveaux de nicotine utilisés afin d’examiner le sevrage tabagique, les avantages rapportés, les effets secondaires associés, et l’estimation de la dépendance à la cigarette électronique face au tabac.

Méthodes

111 participants à cette étude avaient complètement substitué la cigarette de tabac avec la cigarette électronique pendant au moins 1 mois. L’abstinence du tabac a été validée en mesurant les niveaux de carboxyhémoglobine dans le sang. Les niveaux de nicotine lors de l’utilisation de la cigarette électronique au moment de la cessation du tabagisme et au moment de l’entrevue ont été enregistrés.

Afin d’évaluer la dépendance, une première question a été posée selon le test de Fagerström (temps évalué avant la première cigarette du matin contre première utilisation de la cigarette électronique) ainsi que des questions sur la dépendance aux cigarettes précédemment perçue par les sujets en comparaison à la dépendance actuellement ressentie pour la cigarette électronique.

Résultats

42% des participants ont déclaré avoir cessé de fumer au cours du premier mois d’utilisation de la cigarette électronique. Les e-liquides avec une concentration de nicotine de 15 mg / ml ont été utilisés par 74 % des utilisateurs lors de l’initiation à l’utilisation de la cigarette électronique, tandis que 16,2 % ont dû augmenter les niveaux de nicotine de départ afin de parvenir à l’abstinence complète de tabac.

62 participants (64,9%) ont indiqué qu’ils avaient réduit la concentration de nicotine qu’ils consommaient entre le moment où ils ont arrêté de fumer et le moment de l’interview (soit une durée moyenne de 8 mois d’utilisation de la cigarette électronique). Cependant seulement 12% des sujets de l’échantillon total utilisaient une concentration en nicotine inférieure ou égale à 5 mg / ml au moment de l’entrevue.

Des effets secondaires d’intensité légère et temporaire ont été mentionnés. La grande majorité des participants ont rapporté une meilleure capacité d’exercice et ont perçu une amélioration de leurs sens olfactifs et gustatifs. La perception de dépendance à la cigarette électronique était significativement plus faible que la dépendance à la cigarette de tabac.

Conclusions

Les niveaux de nicotine semblent jouer un rôle majeur dans l’arrêt du tabac pour l’échantillon étudié. Des effets secondaires bénins et temporaires ont été signalés lors de l’utilisation de e-liquides contenant un niveau élevé de nicotine.

Les propositions concernant la réglementation devraient tenir compte des habitudes de consommation pragmatiques des cigarettes électroniques, en particulier chez les consommateurs qui ont complètement substitué la cigarette de tabac avec la cigarette électronique.

Discussion (extrait)

La dépendance au tabac a été rapportée rétrospectivement dans cette étude et peut être par conséquent imprécise. Ajouté à cela, seule la première question du test de Fagerström a été posée. Cependant cette question est l’une des plus importantes du test, et poser plus de questions aurait pu augmenter le risque de biais du à la nature rétrospective des réponses. La réduction du taux de nicotine observée chez 64.9% des sujets étudiés conforte l’hypothèse d’une réduction de la dépendance dont une récente étude avait déjà fait part (Vansickel et Al. 2012).


Références :

“Evaluating Nicotine Levels Selection and Patterns of Electronic Cigarette Use in a Group of “Vapers” Who Had Achieved Complete Substitution of Smoking”

Konstantinos E. Farsalinos, Giorgio Romagna, Dimitris Tsiapras, Stamatis Kyrzopoulos and Vassilis Voudris

Publication Date: 03 Sep 2013
Type: Original Research
Journal: Substance Abuse: Research and Treatment
Citation: Substance Abuse: Research and Treatment 2013:7 139-146
doi: 10.4137/SART.S12756

http://www.la-press.com/evaluating-nicotine-levels-selection-and-patterns-of-electronic-cigare-article-a3858

Review Author:Review Date:
  • Christophe

    Merci pour cet article, très intéressant comme toujours.

    Il y a toutefois un passage que je ne comprends pas dans la section “résultats” :

    “Cependant seulement 12% des sujets de l’échantillon total utilisaient encore 5 mg / ml de concentration de nicotine au moment de l’entrevue.”
    L’adverbe initial semble indiquer une restriction apportée à la phrase précédente ( savoir que 62 % des sondés ont déclaré avoir réduit leur taux de nicotine), mais je n’arrive pas à voir laquelle. Du coup, je ne comprends pas de quoi ce résultat de 12 % est significatif, ni comment il faut l’interpréter.

    • Bonjour Christophe, tel que j’ai compris le texte, tout le monde a réussi à baisser son taux de nicotine, mais une certaine partie des sujets (12%) n’est pas arrivé à 0mg/ml, d’où la nécessité d’avoir des e-liquides forts en nicotine (au dessus de 15mg/ml) en début de transition et de conserver une certaine concentration pour maintenir l’efficacité du substitut sur le moyen terme (8 mois) chez certaines personnes. Conclusion il faut qu’une grande variété de concentration de nicotine soit disponible dans la cigarette électronique pour qu’elle soit efficace auprès des fumeurs.

      • Christophe

        Bonjour,
        En fait je viens de regarder l’article en anglais que tu donnes en lien. Je crois qu’en fait le sens de la phrase serait plutôt : “Cependant seulement 12 % des sujets de l’échantillon total utilisaient un dosage en nicotine inférieur ou égal à 5 mg/ml.”

        Autrement dit, la plupart aurait baissé son dosage en nicotine, mais seule une minorité aurait baissé en dessous de 5 mg/ml.

        Sachant que la directive européenne préconise (ou préconisait ?) de ne pas autoriser la vente libre de liquides avec plus de 4 mg/ml de concentration en nicotine, cela réduirait considérablement l’attractivité du produit pour les fumeurs, même après une utilisation de plusieurs mois. On serait en effet sous le taux dont les vapoteurs estiment avoir besoin.

      • Jarry Fabien Fld

        bonjour

        dans le texte : “Seventy-two participants (64.9%) reported that from the time of smoking cessation to the time of the interview (8 months median duration of EC use) they reduced the nicotine concentration they were consuming; however, only 12% of the total sample was using ≤5 mg/mL nicotine concentration at the time of the interview.”

        j’ai tendance à le comprendre : 12% seulement ont réussit à descendre à moins de 5 mg/ml

        • Autant pour moi les amis, je viens de faire la correction, par “Cependant seulement 12% des sujets de l’échantillon total utilisaient
          une concentration en nicotine inférieure ou égale à 5 mg / ml au moment
          de l’entrevue.”

          • Jarry Fabien Fld

            message perso : merci pour cet excellent site d’information.Mon épouse et moi sommes depuis 1 mois des “vapoteurs à l’insu de leur plein grés” gros fumeurs pendant plus de 20 ans nous avons essayé la cigarette électronique pour réduire notre consommation sans réelle conviction… et 5 jours plus tard nous fumions involontairement notre dernière “tueuse”….
            De formation scientifique et paramédicale, la question inévitable “mais c’est quoi ce truc qui sans réelle gène me remplace le tabac, produit hautement toxique et addictif ? Est-ce pire ?”
            grâce à ton site(et d’autres forcément) et au référencement des différentes études, j’ai pu trouver les réponses à mes questions et ainsi continuer à vapoter l’esprit plus serein. Me voilà aujourd’hui fervent défenseur de la E-cig, encourageant mon entourage à faire l’essai et démentant les contre-vérités qui circulent…

            donc un grand MERCI pour ton site !

          • Dadou70s

            Salut Jarry. En ce qui concerne les contre-vérités qui circulent tu vas en lire des aneries..largement relayées par les médias.En revanche , les points positifs seront diffusés rarement pour ne pas dire jamais . Bienvenue dans la vape et bon week-end.

  • Francoise Trouillas-Zenner

    Pour ma part, depuis début mars 2013, je n’ai plus fumé de vraies cigarettes, je fumais 3 paquets de gauloises blondes par jour, j’ai 56 ans et je fumais depuis l’âge de 14 ans. Vu mon intoxication, j’ai démarré à 19 mg, je suis passée à 16 mg au bout de 5 mois. Mon objectif est zéro mg, mais j’y vais doucement pour ne pas risquer de replonger dans le tabagisme, je suis trop heureuse d’en être enfin sortie! Je pense par contre, que même à zéro je me permettrai le luxe de garder ma e-cig…. jusqu’au bout, parce que je veux garder ce geste, car il m’évite et m’évitera de re fumer!! ça j’en suis sûre!

  • Jarry Fabien Fld

    personnellement, je ne me donne pas pour objectif le zéro nicotine et je pense qu’il eu été plus pertinent d’analyser la quantité de nicotine consommée par jour et son évolution dans le temps. Mon expérience personnelle sur 1 mois montre une forte diminution de ma consommation de nicotine (environ 50 %) mais j’ai toujours besoin d’un flacon à 16 mg/ml…
    et j’avoue que je ne suis pas sur de vouloir passer à zéro nicotine pas plus d’ailleurs qu’à zéro caféine, ou sucre ou sel ou charcuterie ou autre plaisirs de la vie… mais juste ne plus être dépendant : le plaisir oui, l’addiction non ! Est-ce possible ? Le temps me le dira…

    • Christophe

      En ce qui me concerne, c’est contraire : je vapote beaucoup depuis le début (il y a cinq mois) et surtout depuis que j’ai complètement arrêté la cigarette (il y a trois mois.) En revanche, je suis passé sur ces cinq mois de 19,8 à 6 mg de nicotine.

      Mais, si mon addiction comportementale est visiblement forte (je vapote dès que je n’ai rien de particulier à faire), physiologiquement, je crois que ma dépendance à la nicotine en tant que telle a fortement baissé. Je m’en rends compte le matin : je n’ai pas envie de vapoter dès que je me lève (au contraire, que ce soit la première chose que j’ingurgite m’écœure un peu) , alors que la première chose que je faisais au réveil, c’était d’allumer une clope.

      • Jarry Fabien Fld

        ce que je voulais dire en fait : c’est quelle est la quantité de nicotine en mg / jour ? cette question me parait nécessaire pour déterminer la dépendance.
        pour une dépendance à l’alcool on se poserait je pense la question de la quantité et de la teneur en alcool.
        si je compare la conso de whisky ou de bière pour déterminer la dépendance, ce sera bien la quantité qui fera la différence non ?

  • Danyvape

    Salut,
    tout à fait d’accord avec notre ami Konstantinos, quand je prends pas ma vapote pour aller me promener je ne suis pas en manque contrairement aux clopes.

    C’est pour moi tout l’intérêt aussi de la vape.
    Bonne vape à tous
    Danyvape