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La cigarette électronique est-elle dangereuse pour les poumons ?

L’ensemble des études disponibles sur la cigarette électronique admet une chose : la vapeur générée par une cigarette électronique est bien moins nocive pour l’organisme que la fumée du tabac. Dans les détails de cette “réduction des risques”, de nombreuses études en revanche, peuvent se contredire.

La complexité des débats scientifiques

Les contradictions devenues presque classiques dans le champ scientifique actuel se concentrent sur un petit ensemble de composés jugés nocifs par l’organisme. Il s’agira la plupart du temps de débats sur les concentrations possibles de formaldéhyde dans la vapeur d’e-cigarette, d’acroléine ou plus généralement sur la présence de composés organiques volatiles (VOC). Ces discussions qui font parfois la une des médias tendent à faire oublier au fumeur une chose pourtant essentielle. La fumée du tabac, issue d’une combustion, comporte des milliers de composés nocifs pour l’organisme. On parlera surtout de nitrosamines, de goudrons, de particules fines ou de monoxyde de carbone (CO) pour nommer brièvement les constituants d’un cocktail mortel pour l’organisme, et qui n’existent pas dans la vapeur d’une cigarette électronique.

Si des débats existent sur la présence ou la concentration de certains composés, il s’agit d’une part d’un nombre très restreint d’éléments. D’autres part, les protocoles expérimentaux utilisés dans les études ne suivent pas une norme prédéfinie. Selon le type de matériel et l’usage que l’on peut en faire, certaines concentrations peuvent en effet grimper, ce sera le cas par exemple du formaldéhyde en cas de mauvaise hydratation de la mèche en e-liquide (dry hit). Ainsi en l’absence de références standardisées, chaque expérimentateur pourra ainsi suivre un protocole différent et donc produire des résultats qui pourront fortement contraster avec d’autres études. Cela rend donc les débats assez compliqués. Enfin, l’évolution très rapide du matériel et la lenteur des publications scientifiques apportent un décalage et amènent à des conclusions parfois très éloignées de la réalité.

La nicotine quant à elle, même si un certain courant de pensée de santé publique la diabolise encore aujourd’hui, tend à se faire oublier dans cette évaluation du risque absolu. La nicotine sera en revanche beaucoup plus facilement évoquée dans des problématiques de santé publique globale, comme l’effet passerelle ou l’addiction.

Pour ce qui est du propylène glycol, l’un des composés principaux des e-liquides, les connaissances scientifiques sont assez avancées. En ce qui concerne les arômes, c’est encore un autre courant de recherche qui vient à peine de se créer.

La réduction des risques n’écarte pas le risque zéro

C’est tout le cœur du problème de santé publique dans lequel s’inscrit la cigarette électronique. Faut-il analyser sa nocivité absolue ou sa nocivité relative (en comparaison au tabac fumé) ? Il est très fréquent, par exemple aux États-Unis, de lire des recherches qui se concentrent uniquement sur le risque absolu, tandis que d’autres études s’intéresseront presque systématiquement sur le risque relatif, en comparaison au tabac fumé, comme au Royaume-Uni ou en France par exemple. De cette approche naissent alors de profonds différends.

Notre avis sur le risque absolu : la vapeur de cigarette électronique n’est pas de la même nature que l’air pur des montagnes. Inhaler la vapeur d’une e-cigarette si vous êtes non-fumeur pourrait comporter un risque (à priori mineur) pour votre santé. À court terme, la vapeur de cigarettes électronique n’aurait pas d’effets sur le système cardio-vasculaire et pas d’effets sur les tissus des voies aériennes mais cela n’écarte pas des doutes sur des effets à long terme encore inconnus à ce jour, et qui resteront probablement à jamais inconnus pour la simple raison du problème déontologique que cela pose (faire vapoter des non-fumeurs sur une très longue période pour les besoins d’une expérience). 

Notre avis sur le risque relatif : la vapeur d’une cigarette électronique doit s’appréhender comme une alternative moins risquée au tabac fumé. Selon les britanniques la réduction des risques que permet d’apporter la cigarette électronique face au tabac fumé, pourrait être de 95%, voire plus selon certains chercheurs spécialisés dans le domaine. Les bénéfices ainsi offerts par l’e-cigarette permettent de la placer comme un espoir majeur de santé publique puisque le tabagisme reste à l’heure actuelle, l’une des premières causes de mortalité évitable dans le monde. Si vous ne pouvez pas arrêter de fumer ou si vous ne voulez pas arrêter, la cigarette électronique peut être une sérieuse option à considérer pour améliorer votre santé, à condition de l’utiliser exclusivement.

La cigarette électronique s’adresse à des fumeurs qui en fumant du tabac, mettent leur vie en péril. La vapeur d’une e-cigarette est nettement moins nocive que la fumée du tabac et sera par conséquent beaucoup moins dangereuse pour les poumons. La plupart des risques auxquels s’exposent un fumeur pourront très probablement être écartés par un passage complet vers la cigarette électronique, à condition que le tabac soit bel et bien écarté des habitudes. L’alternance tabac / cigarette électronique n’offrirait en effet que très peu d’avantages.


Cet article ne constitue pas un avis médical. En cas de doute veuillez consulter un professionnel de santé.