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La cigarette électronique : un effet placébo ?

Stanton Glantz, un cardiologue américain qui ne voit dans la cigarette électronique qu'un effet placébo.

Stanton Glantz, un cardiologue américain qui ne voit dans la cigarette électronique qu’un effet placébo.

C’est devenu ma petite coutume maintenant de traduire les articles du Docteur Siegel.

L’article suivant m’a paru assez intéressant, je vous fait donc part des propos de ce professeur à l’Université de Boston devenu figure emblématique dans le monde de la vapote américaine, et qui réagit ici à l’attaque de Stanton Glantz sur les cigarettes électroniques.

Stanton Glantz est un cardiologue américain (et professeur pour le contrôle du tabac à l’American Fundation Legacy) qui se range assez facilement du côté des autorités de santé publique. Il fait partie de ce mouvement que l’on appelle “anti-tabac” qui refuse en bloc tout ce qui se rapproche d’une cigarette.

Lorsque les preuves vous déplaisent, inventez une explication scientifique pour les rejeter

Selon Glantz la cigarette électronique ne tire son pouvoir que d’un effet placébo et les témoignages des vapoteurs ayant arrêté de fumer grâce à elle ne représentent en aucun cas une preuve scientifique de son efficacité en tant que méthode de cessation. C’est là que le professeur Siegel n’est pas d’accord. Voici ce qu’il en dit :


Propos du professeur Siegel

Le fait est que des dizaines de milliers de fumeurs ont trouvé les cigarettes électroniques comme une alternative viable au tabac et les ont utilisées soit pour arrêter, soit pour réduire leur consommation de tabac. Les expériences de ces fumeurs, établies par les ventes exponentielles de cigarettes électroniques et les prévisions d’analystes financiers qui estiment que l’e-cigarette pourrait porter un sérieux coup au marché du tabac, ont fourni un élément important de preuve scientifique que les cigarettes électroniques sont un outil efficace pour l’arrêt ou la réduction de la consommation de tabac.

Cela crée un problème pour les chercheurs et les militants anti-tabac qui ont déjà tiré une conclusion prédéterminée selon laquelle les cigarettes électroniques sont nocives pour la santé publique – une conclusion guidée par leur idéologie qui dicte que même la gestuelle est méprisante et doit être montrée du doigt.

Une approche à ce dilemme a été démontrée cette semaine par Stan Glantz, qui a affirmé que toutes ces histoires personnelles sur des fumeurs arrêtant de fumer grâce à la cigarette électronique ne sont que des pièces à évidence non valides car ces fumeurs arrêtent en raison de l’ « effet placebo » plutôt que grâce à l’e-cigarette.

Le reste de l’histoire

Que la preuve fournie par des dizaines de milliers de fumeurs ayant arrêté de fumer ou ayant réduit leur consommation de tabac grâce à la cigarette électronique soit non valide car elle démontre simplement un « effet placebo » est une explication scientifique totalement fausse et représente un effort forcé pour rejeter cette preuve.

Expliquer cette preuve comme prouvant simplement un effet placebo est un exercice inutile dans la pseudo-science ainsi qu’une déformation du sens de l’effet placebo.

Il existe essentiellement deux aspects à l’ « effet placebo » dont Stan parle pour expliquer l’efficacité répandue des cigarettes électroniques dans leur tentative pour aider les fumeurs à arrêter ou à réduire leur consommation de tabac.

Premièrement, Stan pourrait affirmer que l’effet de ces produits n’est pas dû à l’apport de nicotine mais à un effet placebo car les vapoteurs croient inhaler de la nicotine. En d’autres termes, l’argument serait que ces fumeurs auraient de toute façon arrêté de fumer même sans l’apport en nicotine des cigarettes électroniques.

Si cette explication est juste, alors les cigarettes électroniques sont une stratégie encore plus prometteuse pour arrêter de fumer qu’on ne le croit actuellement. Cela signifierait que les cigarettes électroniques sans nicotine seraient efficaces pour l’arrêt ou la réduction de la consommation de tabac. Cela signifierait que les cigarettiers pourraient ne pas tomber sous la règlementation de la FDA en produisant tout simplement des cartouches sans nicotine.

Deuxièmement, Stan pourrait affirmer que la cigarette électronique n’est pas la seule à entraîner un arrêt de la consommation de tabac, mais que tout produit qui est tenu et utilisé comme une cigarette serait efficace pour atteindre ce résultat.

Si cette explication est juste, alors les fabricants de cigarettes électroniques ont découvert l’approche la plus efficace qui soit pour arrêter de fumer. En substance, ce que Stan appelle l’ « effet placebo » serait le mécanisme par lequel les fumeurs arrêtent de fumer en consommant des cigarettes électroniques. Loin de remettre en cause les effets de ces produits sur l’arrêt du tabac, une telle explication démontre précisément pourquoi ils sont si efficaces : car la vapote imite si bien le comportement des fumeurs.

En réalité, c’est essentiellement à cause de cela que les cigarettes électroniques sont si efficaces. Mais dire qu’il s’agit d’un « effet placebo » est une déformation du concept en devenant plutôt dénué de sens.

Le fait est que Stan a cessé de présenter des arguments scientifiques valides et ne fait désormais que jeter de la poudre aux yeux car il n’arrive apparemment pas à trouver des raisons valables pour rejeter la preuve accablante que ces produits ont aidé des dizaines de milliers de fumeurs à soit arrêter de fumer soit à réduire leur consommation de tabac.

Je crois que Stan est aveuglé par une idéologie ; l’idée que quelque chose qui ressemble à une cigarette et qui est utilisé de la même manière puisse sauver des vies ne soit tout simplement pas concevable pour de nombreux chercheurs et militants. Pour Stan et pour de nombreux autres chercheurs anti-tabac, cette idéologie est si puissante qu’elle exclue toute considération objective de la preuve scientifique.

Je recommande fortement aux lecteurs de prendre un moment pour lire l’article du Dr. Carl Phillip qui explique mieux que moi pourquoi l’argument de Stan sur l’ « effet placebo » est erroné.

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Fin des propos du professeur Siegel

Références

Article original : http://tobaccoanalysis.blogspot.fr/2013/01/when-you-dont-like-evidence-make-up.html

Review Author:Review Date:
  • Didier

    Stanton Glantz est bien un pur produit du puritanisme Américain.
    Ce même puritanisme qui a conduit à la prohibition au USA dans les années 30. A ce propos le canada dry est peut être à ces yeux un placebo ? Si c’était est le cas, les produits alcoolisés devraient avoir disparus depuis belle lurette, et les bouteilles sous emballage papier avoir quitter les rues des states.
    Mais bon ! Heureusement il y a de l’autre coté de l’Atlantique le meilleur et le pire, sans nul doute Siegel fait partie du premier groupe, quand à Glantz je sais quoi en penser…

    • On est effectivement dans une belle culture américaine. Ce qui est très gênant ici c’est l’utilisation du mot placébo, qui n’a de sens que dans la comparaison avec un véritable traitement de contrôle. Ici il n’y a aucune comparaison, le mot n’a aucun sens ou alors il s’agirait de comparer l’effet d’une cigarette électronique avec et sans nicotine.

  • Encore une fois, une très bonne critique du professeur Siegel.
    Face à l’inconsistance des arguments anti e-cig, Il faut chercher ailleurs les motivations. Qu’elles soient conscientes, ou pas. Au même titre que l’insupportable geste, ll n’est pas acceptable que ces vilains fumeurs s’en sortent aussi facilement. Ils doivent souffrir et être punis.