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En suisse, contrairement au tabac, la vape nicotinée est illégale

Dans les pages opinions d’un site d’information suisse, un chroniqueur s’interroge sur la situation de la vape dans le pays. Il propose à ses lecteurs un tour d’horizon scientifique de la vape avant de s’interroger sur les ennemis du tabac et comment ceux-ci en s’opposant à la cigarette électronique font malgré eux le jeu de cet industrie.

L’autorisation des liquides nicotinés pas avant 2019.

L'e-cigarette en Suisse ne connait pas la même popularité qu'en France.

L’e-cigarette en Suisse ne connait pas la même popularité qu’en France.

Une tribune parue dans Lecourrier.ch s’intéresse aux enjeux entourant la cigarette électronique en Suisse. Les e-liquides contenant de la nicotine sont interdits dans la confédération, limitant l’attractivité du dispositif. Les vapoteurs ont montré leur mécontentement, notamment le 30 mai 2015 à Berne sous l’impulsion de l’association d’utilisateurs Helvetic Vape. L’Office fédéral de la santé publique veut pour sa part attendre la loi sur les produits du tabac, prévue en 2019, pour statuer sur la nicotine dans les e-liquides.

Pour Philippe Poirson, l’auteur du billet, les Suisses demeurent pour l’instant les grands perdants de la lutte contre le tabac, on y dénombre un très faible pourcentage de vapoteurs alors que le tabagisme concerne 25% de la population. Il s’interroge “La Suisse continuera-t-elle à saboter sciemment un moyen de rendre obsolète le tabac? La réponse pourrait être dans les mains des acteurs sociaux, vapoteurs et professionnels de la santé, s’ils se mobilisent à temps.”

Le tabac est légal en Suisse alors que la vape nicotinée y est illégale. Les preuves démontrent pourtant que le profil de risque de la cigarette électronique est largement inférieur à celui de la cigarette papier. Le commentateur justifie sont propos et évoque les travaux du chercheur Konstaninos Farsalinos montrant l’absence de cytotoxicité, se réfère à diverses études scientifiques attestant de l’absence des composants cancérigènes du tabac comme l’ammoniaque, l’arsenic, le cadmium etc…

Il parle de la nicotine, si souvent diabolisée, en rappellant que les travaux de l’autrichien Bernd Mayer ont débouché sur la réévaluation d’une appréciation exagérée de la dangerosité de cette substance. Elle ne présente pas de carcinogenèse et a un très faible impact cardiovasculaire. Les substituts nicotiniques sont rarement montrés du doigt alors qu’on attaque la cigarette électronique en partie pour la nicotine.

Des chiffres montrent que le vaporisateur personnel est plus efficace que tout autre outil pour le sevrage tabagique affirme-t-il. L’étude Paris sans tabac menée par le Professeur Dautzenberg a montré un effet de compétition avec le tabac, favorisant une baisse du tabagisme des plus jeunes. Le professeur Siegel de l’Université de Boston a quant à lui commenté positivement les résultats de l’enquête du Center for Disease Control qui a observé de façon concomitante la diminution de la prévalence du tabagisme et la popularité croissante de l’e-cigarette chez les jeunes.

Les détracteurs de ce dispositif sont malgré tout parvenus à semer le trouble dans l’esprit des fumeurs et des vapoteurs. Ils étaient seulement 27% à considérer la cigarette électronique comme nocive en 2012, ce pourcentage a grimpé significativement à 52% en 2014 selon L’Eubaromètre.

A l’image de nombreux défenseurs de la vape à travers le monde, l’auteur de l’article affirme que l’industrie du tabac cherche à assimiler cette alternative en simple accessoire. Paradoxalement, explique-t-il, les tenants du “quit or die” (abandonne le tabac ou meurs) assimile les deux pratiques, fumer et vapoter, faisant le jeu des cigarettiers. Il cite David Sweanor, professeur auxiliaire de droit à l’Université d’Ottawa, spécialisé dans les politiques publiques de lutte contre le tabagisme : «La capacité de l’industrie du tabac à bâillonner les menaces de technologie alternative n’est pas dû à une cabale de malins génies. Cela vient plutôt des actions involontairement utiles à ces sociétés de personnes s’en considérant ennemis mortels. Big Tobacco a peu d’amis. Mais, avec de tels ennemis, il n’en a nullement besoin».

 

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  • Alexis Marchais

    Avec entre autre Philip Morris basé à Neuchâtel fallait pas s’étonner !