En confondant corrélation et causalité, des chercheurs concluent à l’effet passerelle

Une étude publiée dans la revue Pediatrics, “E-Cigarettes Use and Smoking Among Youth”, examine l’association entre utilisation de cigarettes électroniques aromatisées et  tabagisme  chez les jeunes. Elle s’appuie sur les données recueillies par l’enquête National Youth Tobacco Survey réalisée en 2014. 

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Les e-cigarettes aromatisées augmentent-elles l’intention de fumer des non-fumeurs et diminuent-elles celle d’arrêter des fumeurs ?

Les auteurs se sont intéressés à l’intention de fumer chez des jeunes non-fumeurs et à l’intention d’arrêter de fumer chez des jeunes fumeurs, qu’ils soient, dans les deux cas, vapoteurs ou non vapoteurs. Ils ont également évalué les perceptions des dangers du tabac dans ces deux groupes. 

Au vu des résultats obtenus, les chercheurs ont conclu que les e-cigarettes aromatisées augmenteraient l’intention de fumer des jeunes non fumeurs et diminueraient l’intention d’arrêter des jeunes fumeurs.

Dans un communiqué de presse, l’éditeur de la revue estime que l’utilisation de certains arômes “pourrait servir de porte d’entrée” dans un futur tabagisme. “L’étude suggère que l’utilisation de ces produits augmente les intentions des jeunes à commencer à fumer.”

“L’étude ne montre pas que la vape déclenche le tabagisme”

Le Professeur Michael Siegel revient sur cette étude dans son blog et explique certains biais de raisonnements, qui ont permis à ces chercheurs d’aboutir à ces conclusions. Les auteurs de l’étude, explique-t-il, commettent une erreur en “supposant que la corrélation dans une étude transversale équivaut à une causalité”.

Le lien constaté entre l’utilisation de liquides aromatisés et une tendance plus forte à fumer ne prouve pas que quelqu’un qui vapote a plus de chances de fumer. Les jeunes tentés par la cigarette pourraient tout simplement avoir plus tendance à adopter la cigarette électronique en lieu et place tu tabac.

Des conclusions trompeuses qui constituent une menace

Pour le professeur de Boston, c’est un autre exemple malheureux de parti pris contre le vapotage, où au lieu de présenter des preuves, des chercheurs avancent des «interprétations biaisées». Il craint que ce genre de conclusions trompeuses ne soit une menace plus grande encore pour le développement de la vape que les règlements durs auxquels elle est confrontée.

Ce type de conclusion “se répand malheureusement comme des feux de forêt“, elle décourage l’adoption d’une solution moins risquée par les fumeurs et encourage des personnes mal informées à soutenir des réglementations dures qui menacent le produit.

La National Youth Tobacco Survey (NYTS) révélaient que la part des fumeurs diminuait chez les jeunes, et que dans le même temps le nombre de jeunes vapoteurs progressait. Tom Frieden, directeur du CDC, s’était déclaré très inquiet des chiffres du vapotage tandis que d’autres y voyaient une excellent nouvelle et l’effritement de la théorie de la passerelle.

Récemment, Michael Siegel dénonçait une autre étude qui présentait selon lui aussi des conclusions biaisées.