E-cigarette : Brad Rodu appelle les politiques à reconsidérer leur stratégie

Les docteurs Brad Rodu, Mathew Glans et Lindsey Stroud ont co-écrit un document à destination des responsables politiques dans lequel ils exhortent les autorités à repenser la réglementation concernant la cigarette électronique.

Orientations réglementaires et fiscales

L’auteur principal du document édité par le Heartland Institute, le docteur Brad Rodu, travaille sur la réduction des méfaits du tabagisme et l’élaboration de politiques de santé depuis plus de 20 ans. Il est professeur de médecine à l’Université de Louisville dans le Kentucky et membre du James Graham Brown Cancer Center.

L’équipe de spécialistes, co-auteurs, présente dans ce texte des préconisations sur des stratégies fiscales et réglementaires de la cigarette électronique dans une perspective de réduction du tabagisme.

S’agissant des taxes, ils reprennent la proposition de David Sweanor qui suggère de les déterminer en fonction de la dangerosité du produit.

Sur le sujet controversé de la vape dans les lieux publics, les auteurs rappellent qu’il n’existe aucune justification scientifique pour décréter une interdiction générale. Ce devrait être une décision locale revenant aux responsables d’établissements.

Les arômes sont essentiels à l’efficaicité des produits de la vape dans l’arrêt du tabac.

L’interdiction de vente aux mineurs, bien que presque unanimement soutenue, mérite néanmoins réflexion : l’augmentation de l’expérimentation de l’e-cigarette s’accompagne d’une chute de celle de tabac.

Pour terminer, il aborde le sujet des saveurs, que la FDA avait souhaité interdire, essentielles pour réussir la transition de la cigarette vers la vapoteuse. Cependant, ils soulignent que comme pour tout produit, une réglementation raisonnable et adaptée devrait protéger les utilisateurs.

Quatre mythes

Dans un second temps, les auteurs du document s’attaquent à quatre mythes qui entourent le vapotage.

  • L’épidémie d’empoisonnement d’enfants : très exagéré selon eux et chiffres à l’appui, ils considèrent la question dépassée depuis l’obligation faite aux fabricants d’équiper les flacons de liquides sont de dispositifs de sécurité enfants.
  • La passerelle de la vape au tabac : malgré la persistance de certains à affirmer que la vapoteuse est une porte d’entrée vers le tabagisme, les auteurs soulignent que les données du CDC montrent le déclin constant du tabagisme des adolescents ces dernières années. 
  • L’aide à l’arrêt du tabac : certains continuent de nier que l’e-cigarette soit une aide effective contre dite par l’expérience britannique, et notamment le rapport du Royal College of Physicians.
  • La vape n’est pas moins nocive que les cigarettes conventionnelles : bien qu’il ne soit pas possible de connaître les effets à long terme, ils expliquent pourquoi certains chercheurs soutiennent qu’elle devrait être largement moins nocive que le tabac.

Limites de la politique du tout ou rien et intérêt de la réduction des risques

Sur les questions de politique de santé publique, les auteurs exposent les limites de la stratégie jusqu’au boutiste du “quit or die” adoptée par les acteurs de la lutte anti-tabac américaine. Ils expliquent et développent les arguments favorables à l’approche de réduction des risques qui a fait ses preuves depuis des années notamment en Suède avec le SNUS.

Ces experts de politique de santé publique sont inquiets de la nouvelle réglementation de la FDA et ses conséquences sur le marché de la vape. Les mesures prises par l’administration s’opposent à la possibilité d’ouvrir des stratégies alternatives.

Les artisans d’une réglementation dure à la FDA, expliquent les auteurs, ignorent les avantages pour la santé et les économies sur les soins de santé que les produits de réduction des risques tabagiques apportent déjà.

Ils appellent les décideurs à prendre en considération les données scientifiques avant de réglementer ou taxer sur la vape. En conclusion, ils alertent “les interdictions, la réglementation excessive ou des taxes élevées sur les produits du vapotage risquent encourager les fumeurs à continuer de fumer plutôt que choisir des solutions moins nocives“.

  • Julien Bacle

    Je ne connais pas ce Brad Brodu et je suis toujours heureux de voir un scientifique se mouiller pour notre cause. Par contre je me méfie des futures conséquences lorsqu’ils proviennent de lieux comme l’université du kentucky qui ont longtemps entretenu des relations étroites avec l’industrie du tabac et par la ont contribué à la désinformation planétaire.

  • Titan

    Pour reprendre une phrase de l’article: “Cependant, ils soulignent que comme pour tout produit, une réglementation raisonnable et adaptée devrait protéger les utilisateurs”. Et bien moi je dis: méfiance …! Si c’est effectivement dans le but de protéger l’utilisateur, c’est louable et tout dépend dans quelle mesure. Mais si c’est pour à terme combler le “manque à gagner” de ce que vont perdre Bercy et les industries du tabac, je dis non. Il y a bien plus de produits dangereux déclarés “de consommation courante” sur le marché et qui ne sont soumis à aucun règlement particulier. Dois-je refaire allusion au prix et au conditionnement de certains produits ménagers? Qu’est-ce qui empêche un gamin de 2 ans assis dans un chariot de supermarché de se faire les dents sur un berlingot souple de Javel concentrée valant 1 euro et estampillé de plus d’une jolie représentation de fruit commun légendée “parfumé au citron”?
    Serait-ce là une manifestation de “réglementation raisonnable et adaptée protégeant le consommateur”?