David Khayat, cancérologue, aborde le sujet de la cigarette électronique dans son nouveau livre

Chef du service d’oncologie médicale de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (où exerce également le professeur Bertrand Dautzenberg), David Khayat est l’auteur de nombreuses publications littéraires sur le sujet du cancer. Dans son dernier ouvrage “Prévenir le cancer ça dépend aussi de vous” aux éditions Odile Jacob il aborde le sujet de la cigarette électronique.

Réduire les risques, une très bonne idée.

Prévenir

Prévenir le cancer ça dépend aussi de vous” (Odile Jacob, 2014)

Les consommateurs peuvent […] trouver dans le commerce des produits contenant de l’aspartame pour remplacer le sucre par exemple, dans la lutte contre le surpoids et l’obésité“.

En effet pourquoi les fumeurs n’auraient-ils pas eux aussi, droit à des produits moins nocifs pour réduire les risques liés à leur tabagisme ? David Khayat adopte une approche résolument moderne, il ne faut pas taper sur la tête du fumeur, il faut l’informer et l’accompagner. Il existe peut être un entre-deux, un nouvel espace entre fumer et ne pas fumer.

Attiré par ces belles paroles je suis donc passé outre la couverture de son livre (qui m’a fait quand même penser à un poster pour une conférence du mouvement raëlien), et j’ai lu pour vous la partie concernant la vape, dont voici un bref résumé.

Une “petite” révolution culturelle pour les fumeurs

Enfin, il a été inventé un produit de substitution au tabac qui a fait défaut si longtemps aux fumeurs !” introduit-il dans son chapitre consacré à l’e-cigarette. Mais son enthousiasme connait des limites bien définies car si l’on sent ce scientifique curieux et enjoué à l’idée de faire baisser les chiffres du cancer chez les fumeurs, il reste néanmoins très prudent quand il aborde l’aspect scientifique du produit.

Cette alternative était attendue depuis longtemps et il semblerait qu’elle permette d’une certaine façon de résoudre la quadrature du cercle, puisque à présent on peut arrêter de fumer tout en gardant une gestuelle proche de l’acte de fumer et en évitant les désagréments ou insatisfactions que les patchs nicotiniques par exemple provoquent. Désormais, on peut « vapoter ».

Le professeur rappelle les chiffres de l’ODFT qu’il qualifie d’hallucinants même si il regrette le manque d’encadrement du produit en France et s’inquiète étonnamment du manque d’information sur la composition des e-liquides vendus sur le marché ainsi que sur les “propriétés techniques des appareils qui vaporisent ces e-liquides“.

Cet oncologue n’a semble-t-il pas encore trouvé de réponses dans la presse scientifique internationale pour rassurer le cartésien qu’il est sur la dangerosité réelle de l’e-cigarette. Alors que des centaines d’études s’accumulent depuis des années sur le sujet, David Khayat est étonné que l’e-cigarette puisse bénéficier d’une “présomption de dangerosité moindre” et que personne n’ait pu encore apporter de preuves pour définir clairement son profil toxicologique.

Si le produit représente tout de même pour lui “une lueur d’espoir” il souhaite plus de réponses et n’hésite pas à rappeler l’intervention de Konstantinos Farsalinos au premier salon Vapexpo de Bordeaux pour dénoncer le manque d’engagement scientifique des professionnels de la vape, eux “qui ne savent rien des essais sur les cigarettes électroniques“.

Big Tobacco est au contraire bien présent rappelle Khayat, et semble faire meilleure figure sur le plan scientifique que les industriels de la vape qui peinent à mener des études pour préciser la nature de leurs produits et leurs effets sur la santé. Peu importe qui apportera les preuves en premier, ce qui intéresse ce cancérologue ce sont les faits scientifiques, qu’ils proviennent de Big Tobacco ou d’un fabricant de e-liquide indépendant. La réduction des facteurs de risques du cancer, voilà ce qui intéresse Khayat.

Son chapitre dédié à la cigarette électronique se termine sur la politique de santé publique française qu’il juge culpabilisante pour les fumeurs alors qu’il faudrait selon lui davantage investir dans “le volet prévention“. Si les nouveaux produits à nocivité réduite s’avèrent conformes à leur allégations en apportant des faits scientifiques indiscutables, il faudra alors créer un cadre juridique adapté afin de favoriser l’accès à ces produits.

Nous invitons bien évidement Mr Khayat à s’abonner aux flux RSS ou à la newsletter de Ma-cigarette.fr pour se tenir informé des nouvelles concernant la cigarette électronique. Peut être a-t-il déjà changer d’avis depuis la rédaction de son livre ?

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  • Titan

    “Big Tobacco est au contraire bien présent, rappelle Khayat, et semble faire meilleure figure sur le plan scientifique que les industriels de la vape, qui peinent à mener des études pour préciser la nature de leurs produits et leurs effets sur la santé” …
    Sans blague …!?

    Faudrait-il réellement rappeler à ce monsieur depuis combien de temps le tabac existe-t-il?
    Depuis combien de temps représente-t-il des fortunes pour les marchands de mort?
    Depuis combien de temps fait-on des études (ben vu ce que ça rapporte, ils peuvent, non?) sur ce produit et depuis combien de temps sait-on à quel point il est dangereux?
    Le phénomène “E-Cig” n’a pas 10 ans d’existence dans nos “contrées” et je ne suis même pas certain que son caractère reconnu “notable” ait plus de 4 à 5 ans en France …

    On sait que le tabac est mauvais depuis les années 1880, la vape elle, est trop neuve. Et comme c’est parti là, on va même pas lui laisser le temps d’additionner les années de pratique pour faire ses preuves … d’innocuité cause qu’elle est indésirable pour BT/BP qui vends moins de clopes, et pour MST, qui de peur ne ne plus vendre un Nikitin, se dépêche d’en interdire l’utilisation en public et l’observation en qualité de moyen de sevrage tabagique. L’est même interdit de le dire.
    Et quand on est “interdit d’exister” par décret, difficile “d’être au contraire bien présent” …
    Une pensée aux SWL.