Puis-je vapoter si je suis enceinte ?

Peut-on vapoter quand on est enceinte ?

Peut-on utiliser une e-cigarette quand on attend un bébé ?

Le docteur Philippe Presles affirme “qu’il vaut mieux pour une femme enceinte d’arrêter de fumer en vapotant, dès lors qu’elle aurait déjà essayé sans succès d’autres méthodes de sevrage. Chaque journée sans monoxyde de carbone, sans goudron et sans particules toxiques sera moins nocive pour le bébé”.

Mise à jour 2017 : Le professeur Michel-Henri Delcroix* et Conchita Gomez* tentent également d’apporter des éléments de réponses à cette importante question. Voici leurs conseils aux femmes enceintes fumeuses.

Puis-je vapoter si je suis enceinte ?

Cette question, la plupart des fumeuses se la posent pour les raisons suivantes :

  • beaucoup de femmes enceintes n’arrivent pas arrêter de fumer durant la grossesse. La France est d’ailleurs le pays d’Europe où les femmes sont les plus nombreuses à fumer durant la grossesse.
  • les conjoints, et ou les proches, des femmes enceintes fumeuses, continuent de fumer ou utilisent la e-cigarette pour diminuer ou arrêter la cigarette classique.
  • les recommandations officielles et les sociétés savantes déconseillent l’utilisation de la e-cigarette par la femme enceinte, en raison de l’absence d’études scientifiques démontrant son innocuité.
  • beaucoup de femmes enceintes ou désirant le devenir, ont l’intuition, qu’avec la cigarette électronique elles arriveraient à arrêter de fumer et auraient ainsi un comportement plus favorable au développement de leur enfant.

Pourquoi deux femmes sur trois continuent-elles de fumer durant toute leur grossesse ?

Parmi les femmes qui fumaient avant la grossesse, deux sur trois vont continuer de fumer durant toute leur grossesse : ce sont les femmes les plus dépendantes à la nicotine qui n’arrivent pas à arrêter de fumer [1]. Cette impossibilité tient à la forte dépendance et dans cette situation, même la diminution du nombre de cigarettes à moins de 10 ou 5 par jour, ne signifie pas forcément diminution du risque pour le foetus. En effet, habituellement la femme, qui diminue le nombre habituel de ses cigarettes, va modifier sa façon de fumer, en tirant plus fort, plus souvent ou plus longtemps sur les cigarettes, qu’elles s’autorisent : ce mécanisme inconscient d’auto-titration lui permet d’inhaler la dose de nicotine dont elle a besoin pour ne pas ressentir les signes de manque.

Pourquoi est-il si important d’arrêter de fumer quand je suis enceinte ?

Fumer est la première cause évitable d’accidents de la grossesse ou pour l’enfant à naître.

Tous les progrès de la médecine périnatale de ces 50 dernières années sont rendus vains en cas de tabagisme pendant la grossesse. La France, reconnue pour la qualité de son système médical, est pourtant le pays d’Europe qui a les taux les plus défavorables ou parmi les plus défavorables concernant : la mortalité maternelle ou foetale in utero ou encore la mortalité par mort subite du nourrisson, les petits poids ou les très petits poids de naissance, l’infirmité motrice d’origine cérébrale, l’accouchement prématuré, l’allaitement maternel. Or la France a parmi les autres pays européens, le taux de femmes enceintes fumeuses durant toute leur grossesse le plus élevé.

Depuis plus de douze ans la conférence de Consensus « Grossesse et tabac », recommande à tous les professionnels de la naissance de donner à toutes les femmes enceintes, le conseil d’arrêt complet de la cigarette et un traitement substitutif à la nicotine pour celles qui n’y parviennent toutes seules.

En effet, l’arrêt de la cigarette et/ou du tabagisme passif, c’est-à-dire l’exposition à la fumée des autres, permet de supprimer tous les sur-risques observés en cas de poursuite du tabac. En arrêtant de fumer, je m’évite ainsi tous les sur-risques suivants : grossesse extra-utérine, fausses couches précoce et tardive, rupture prématurée des membranes, accouchement prématuré ou très prématuré, hémorragies durant la grossesse ou lors de l’accouchement, décollement ou anomalies d’insertion du placenta.

Les bénéfices de l’arrêt du tabac pour mon bébé

En arrêtant de fumer, pour mon bébé, je lui évite tous les sur-risques suivants :

  • naître prématuré ou avec un petit poids ou un très petit poids de naissance ;
  • sur-risque de mortalité foetale in utero ou de mort subite du nourrisson,
  • troubles d’adaptation à la vie aérienne et plus tard troubles respiratoires comme l’asthme,
  • la fumée de cigarette est particulièrement dangereuse pendant la grossesse parce que les 7000 corps toxiques dont le monoxyde de carbone (CO) passent tous dans le sang du bébé. Concernant le CO, c’est à certaines concentrations un gaz mortel, mais surtout il entraîne une diminution de l’oxygénation au niveau des cellules de tous les organes en particulier les neurones et toutes les cellules du système nerveux central du fœtus.

En arrêtant de fumer, j’évite tous ces risques évitables, j’évite surtout l’intoxication de mon bébé non seulement par le monoxyde de carbone, qui diminue en effet toujours son oxygénation, mais aussi par plusieurs milliers d’autres corps toxiques.

Vapoter est moins dangereux que fumer

Vapoter durant la grossesse est en effet, toujours moins dangereux pour votre bébé, et pour vous, que de continuer à fumer, même si vous diminuez le nombre de vos cigarettes.

La cigarette classique, ou celle que vous roulez vous-même ou le joint que vous fumez a toujours des effets négatifs en particulier les troubles de l’oxygénation, immédiats et retardés les troubles du développement du foetus.

C’est par le biais du retard de croissance in utérin que se manifeste le plus souvent les effets de l’exposition au tabagisme, actif et passif, maternel.

Votre projet de bébé est devenu réalité : pour que cette période de la grossesse reste aussi magique que vous l’avez imaginé, la solution est pour vous d’arrêter complètement de fumer.

Si vous ne trouvez pas à la maternité où vous allez accoucher ou auprès de la sage-femme ou du médecin qui vous suit en consultation prénatale l’aide et le traitement nicotinique substitutif adapté, il est préférable, alors pour vous de vapoter si la e-cigarette vous permet d’arrêter de fumer.

Vous cherchez à faire le mieux possible pour votre bébé : le mieux pour lui est d’être normalement oxygéné et donc ne pas être exposé à la fumée de tabac ou de joints.

La grossesse est toujours la meilleure opportunité d’arrêter de fumer

Les troubles digestifs des premiers mois peuvent vous donner moins envie de fumer. Mais si vous êtes très dépendante à la cigarette il ne vous sera pas possible de réussir l’arrêt sans aide de la part d’une sage-femme qui pourra vous prescrire un traitement à la nicotine adaptée à la force de votre dépendance. Ainsi vous serez toujours en mesure de lui apporter tout l’oxygène dont il a besoin.

Si vous n’obtenez pas, ou n’avez pas obtenu l’aide et ou le traitement à la nicotine qui vous aurait permis de réussir à arrêter la cigarette classique toujours beaucoup plus à risques pour votre bébé, alors vous pourrez vapoter. Avec la vape, en effet, vous protègerez votre bébé du CO et des milliers d’autres toxiques contenus dans la fumée de tabac votre bébé qui sera oxygéné. Dès que vous aurez retrouvé pleinement confiance en vous, mais cela peut prendre des semaines ou des mois vous saurez même vous passer de la e-cigarette. En tous cas, c’est toujours moins dangereux de continuer la e-cigarette que de recommencer à fumer ou même d’être exposée à la fumée de tabac.

Oxygénez normalement votre bébé

Dîtes-vous toujours que vous avez arrêté complètement de fumer et que c’est cela l’essentiel pour vous comme pour votre bébé. Si on vous proposait de mesurer le monoxyde de carbone (CO) dans l’air expiré, vous verriez alors que le taux est nul ou quasi nul c’est-à-dire qu’avec le vapotage vous n’exposerez plus du tout votre bébé au CO et que par conséquent il sera normalement oxygéné.

Vous devez savoir parce que vous vapotez un e-liquide à la nicotine que vous pourrez parvenir à arrêter de fumer confortablement sans signes de manque.

Il est vrai qu’en dehors de la nicotine la e-cigarette contient deux autres composés non anodins le propylène glycol et la glycérine qui participent à la vapeur de la cigarette électronique. Ces composés passent dans le sang du bébé [2]. Cependant ces deux composés sont néanmoins beaucoup moins dangereux que plusieurs milliers de toxiques, en particulier le CO qui passent avec la fumée de tabac.

D’autre part, en vapotant, la nicotine qui vous a rendue dépendante, passe certes dans le sang de votre bébé [3], mais la quantité qui passe n’est et ne sera jamais supérieure à celle qu’il recevait si vous aviez continué à fumer et ceci même si vous diminuez le nombre de vos cigarettes.

Tout ceci pour dire que le but de vapotage pour vous est de vous permettre de ne plus fumer ou de ne plus être exposée du tout à la fumée de tabac tant que vous êtes enceinte.

Une fois cette victoire obtenue, vous verrez comment vous pouvez moduler votre vapotage et le dosage du e-liquide en nicotine pour ne pas rechuter et ne plus jamais reprendre une cigarette pendant votre grossesse.

La confiance en vous et en votre bébé, qui vous fait devenir mère ainsi qu’en votre conjoint pour ne plus vous exposer au tabagisme passif ou qui peut aussi arrêter de fumer en même temps que vous, vous donnera, avec le sentiment d’efficacité, la plénitude du bonheur de préserver les potentialités de votre bébé : les 9 mois de grossesse que vous vivez compteront alors parmi les plus mémorables de votre vie de femme.

* Le Pr Michel-Henri Delcroix est Expert agréé par la Cour de cassation, Président d’Appri Maternité sans tabac EPSM des Flandres BP 90139 – 59270 Bailleul. Conchita Gomez est Cadre Sage-Femme, Centre Hospitalier d’Arras, Boulevard Besnier 62022 Arras.


Notes complémentaires

(1)  Ceci est schématique et il reste difficile dans un article court d’expliquer la « complexité » de l’instrumentalisation de la dépendance tabagique, qui est trans-générationnelle et générée par le conditionnement du marketing socio-économique des cigarettiers. Pour rester néanmoins compréhensible, il est possible au niveau individuel, de reconnaître la dépendance tabagique : 3 leviers principaux :

  • la dépendance pharmacologique (pour l’essentiel liée à la nicotine : la force de la dépendance nicotinique est liée grosso modo au nombre de récepteurs à la nicotine générés) ;
  • la dépendance psycho-comportementale (pour l’essentiel liée aux habitudes de vie créées avec ou pour la cigarette) ;
  • la dépendance environnementale pour l’essentiel le mimétisme : pairs, modèles familiaux ou à l’école, proches, personnes fréquentées ou regardées (cinéma, models, leaders…).

(2)  Il n’y a pas, sauf erreur de notre part, de références bibliographiques, sur ce point. Notre affirmation repose sur les innombrables données disponibles depuis plusieurs décennies sur la connaissance du passage des toxiques ou des médicaments chez la femme enceinte : tous les toxiques particulaires ou gazeux de la fumée de tabac, tous les médicaments (à l’exception de quelques-uns de haut poids moléculaire comme l’insuline ou l’héparine) traversent la « barrière placentaire » et se retrouvent dans le sang fœtal. En résumé tous les toxiques particulaires ou gazeux passent la barrière placentaire. 

Il est retrouvé plus de composés dans la vapeur d’e-cigarette que d’ingrédients dans le e-liquide : en effet entre le propylène glycol ou le glycérol, la nicotine ou les arômes, l’eau,  on retrouve en plus quelques cancérigènes (acétaldéhyde, acroléine, formaldéhyde, nitrosamines, toluène) mais à des concentrations entre 9 et 450 fois moins élevées que dans la fumée de tabac.  Le propylène glycol ou le glycérol sont considérés comme sans toxicité à court terme à la  température de 60°C (qui est celle du chauffage dans des e-cigarettes de 2ème ou 3ème génération). Les produits toxiques issus de la dégradation ne surviennent qu’à partir de 250°C.

(3)  Concernant les enjeux de la consommation de nicotine pour le développement du bébé, nous ne les expliquons pas, non pas parce qu’ils n’existeraient pas mais uniquement parce que ils sont extrêmement moins graves que ceux créés par les 7000 autres toxiques contenus dans la fumée de tabac et qui passent tous dans la circulation fœtale.

Parmi ces toxiques, il y a le monoxyde de carbone (CO), cause de mort fœtale in utero ce qui est grave, mais cause d’hypoxie responsable de troubles comportementaux et cognitifs révélés durant la prime enfance ou d’infirmités d’origine cérébrale ce qui est peut-être encore plus grave parce que pas forcément rattaché au tabac. Parmi ces toxiques, il y a aussi plus d’une centaine de toxiques cancérigènes retrouvés à des concentrations 200 à 9000 fois plus élevées dans la fumée de tabac que dans la vapeur d’e-cigarette.

En définitive l’enjeu primordial qui nous est apparu est celui d’arrêter de fumer en profitant de la grossesse et de l’arrivée de l’enfant, pour maman et papa, d’arrêter de fumer.

La e-cigarette peut être le moyen ou la méthode la plus facile pour y parvenir. En arrêtant de fumer, même avec la e-cigarette, maman, papa, n’exposeront plus leur enfant à naître aux milliers de toxiques du tabac fumé, et lui permettront de ne plus l’exposer après sa naissance au tabagisme passif et enfin d’avoir des parents non fumeurs. 

Review Author:Review Date:
  • Patricia

    Il est parfaitement clair que si j’avais connu la vape il y a 10 ans, ça m’aurait évité de fumer pendant ma grossesse.

    Non pas que je n’étais pas consciente des risques, je l’étais mieux que personne: je n’étais plus toute jeune, pour une première grossesse, ce n’est déjà pas le top, mais en plus je fumais et le bébé était plus petit qu’il n’aurait du. J’avais droit a une surveillance plus rapprochée pour ça, et en plus j’ai fait un diabète gestationnel.
    Seulement voilà, j’étais une grosse fumeuse, depuis 20 ans déjà, et très dépendante. Les patchs, même très dosés, me rendaient malade sans m’ôter l’envie de fumer, j’en devenais dingue, dans un état de nerfs extrême, déprimée et je fumais quand même par dessus. Bref, pour le bébé, la cata.
    Alors avec mon obstétricienne, on a lâché l’affaire. J’ai diminué un peu, mais pas assez: 8 à 12 par jour quand même. trop.
    Je ne parle pas des regards quand les gens me voyaient avec mon gros ventre et ma cloppe au bec :/ Ni des réflexions … dont je n’avais aucun besoin, moi non plus, je ne me faisais pas vraiment rire..:(

    J’ai eu de la chance, mon bébé est né petit, et en avance, mais il allait bien. Il a 9 ans maintenant et il est beau, et grand pour son age. Il s’est bien rattrapé après être sorti de mon ventre et de ma cigarette. C’est triste à dire mais c’est vrai.
    Il aurait aussi bien pu naître avec des problèmes de développement graves. Jamais je ne me le serai pardonné.

    Si seulement , à cette époque, j’avais eu la chance qu’on a aujourd’hui : Vaper !
    Aucun doute: c’est tellement mieux pour la maman et le bébé d’éviter toutes ces saletés qu’on reçoit avec les cigarettes, qui passent dans le sang foetal, qui diminuent son apport sanguin, son oxygènation, sa croissance et son développement normal.

    Alors à celles qui comme moi, n’arrivent pas à se passer de leur cigarette, n’hésitez pas, vapez! Bébé ne vous le reprochera jamais ! 😀

    10 ans plus tard, mon fils me félicite:
    La cigarette électronique a mis exactement 5 min pour me faire quitter complètement le tabac. 5min chrono: le temps de quelques bouffées de vapeur.
    Je n’étais pas décidée à stopper pourtant. Je pensais juste tester, pour voir, pour ne pas me dire que je n’aurais pas tout essayé, mais pensant fermement qu’au bout de quelques heures, j’aurais besoin d’une cloppe, qui était là, qui m’attendait.
    Ben elle est toujours là, et elle va encore attendre longtemps, ma vieille:
    Tu dates, tu pues, et tu m’as fait assez de mal comme ça. Hop, je prend une jeune, une belle qui sent bon, une qui est saine. Et nous nous portons tous très bien comme ça 😀

  • Falken Vape

    Dépendance “pour l’essentiel liée à la nicotine” ? il serait poli (voire plus correct) de citer le rôle des IMAO et aldéhydes sans lesquels la nicotine ne semble pas présenter les mêmes caractéristiques, ne serait-ce que sur les effets du sevrage. Le fait qu’ils interagissent avec les récepteurs en question pour commencer…

    Etrange de ne pas parler du troisième trimestre.

    Certains tabacologues semblent évoquer des difficultés spécifiques sur l’arrêt du tabac pendant la grossesse (donc peut être commencer par recommander le vapotage avant le premier trimestre… parce que le vapotage s’arrête bien plus facilement que le tabagisme le cas échéant et sa continuation présente considérablement moins de risques).

    Et peut-être étendre à l’entourage, le tabagisme passif étant (spécifiquement) nuisible aux femmes enceintes, parler du vapotage pour la famille attendant un enfant.

    Bonne vape